Une course riche en émotions


28 novembre 2017

En terminant 8e de la Transat Jacques Vabre à bord du Class40 Gustave-Roussy, Christophe Rateau et Sylvain Pontu ont porté très haut le message « contre vents et cancers ». Ils auront mis 20 jours, 9 heures et 20 minutes, en parcourant 4584 milles à 9,37 noeuds de moyenne entre Le Havre et Salvador de Bahia au Brésil. Ce fut pour le tandem une course expresse aux multiples rebondissements, entre vents forts et calmes plats, casses et réparations, petits bonheurs et déconvenues, navigation prudente et finish au couteau. Bref, une régate haletante qui a permis de mettre en lumière une équipe au grand cœur, et un projet porté par l’espoir de sortir de la tourmente…

Si vous deviez résumer la course ?

Christophe : « Il y a eu deux moments plus forts que les autres. Le départ, extrêmement émouvant, avec une météo très tonique ainsi que des proches et des partenaires très présents. Et l’arrivée dans un cadre incroyablement chaleureux, avec le plaisir et la satisfaction d’avoir été au bout. Nous sommes arrivés tellement vite que nos familles étaient encore dans l’avion… Pour autant nous avons été magnifiquement bien accueillis par nos amis concurrents et les organisateurs !

Entre les deux, cela a été une épreuve, un engagement au quotidien, un parcours semé d’embuches – comme dans la maladie – avec des difficultés à surmonter. On le savait. La course a été rapide et exigeante. Bravo aux vainqueurs. De nombreux équipages ont été contraints à l’abandon. Notre engagement nous a obligé à aller au bout, à nous dépasser. »

Sylvain : « Nous étions bien partis mais, suite à plusieurs avaries en début de course, nous n’avons pas pu suivre les premiers. Nous avons donc fait la course un peu isolés et cela manquait de contact avec les autres compétiteurs. Cependant nous avons réussi à rester concentrés pour faire une course efficace. Nous avons appris au fur et à mesure à maîtriser le bateau et nous étions au point sur la fin de la course. Par l’enthousiasme qu’a suscité le fait d’avoir un bateau ‘contre vents et cancers’, l’émotion a été omniprésente pendant cette course. Jusqu’au soir de l’arrivée où nous avons été comme aimantés par la plage de Salvador… on a été submergés par l’animation de la ville, le retour à la vie, la tension de l’arrivée ! »

Avez vous rempli vos objectifs ?

En choeur : « Oui ! »

Christophe : « Nous avions plusieurs objectifs sur ce projet. Tout d’abord partir : nous avons réussi à monter ce projet en tant qu’équipage amateur dans un monde très professionnalisé. Nous avons réussi à partir mais aussi, et c’était le deuxième objectif, à arriver.

Nous ne nous sommes pas arrêtés là et nous avons fait un classement très honorable en arrivant 8e. Et cela en nous battant jusqu’au bout, au-delà de nos propres limites la dernière nuit pour ne pas nous faire doubler par nos concurrents directs.

Ainsi, nous avons réussi, grâce au soutien de nos mécènes*, à porter haut les couleurs et le message en faveur de la recherche et de l’accès à l’innovation de Gustave Roussy. »

Sylvain : « Le fait d’avoir fait cela en moins de 21 jours nous a surpris ! On a égalisé l’ancien record ! Il y avait 20 inscrits 3 mois avant le départ, 15 bateaux qui sont finalement partis et nous finissons 8e. C’est bien mieux que la place de ‘milieu de tableau’ que nous nous étions fixée »

Vous avez l’air plutôt en forme. Qu’en est-il réellement ?

Christophe : « Physiquement nous sommes forcement un peu abimés, mais rien de grave, on va vite s’en remettre.

Le Class40 est un bateau dur, très physique. Ma crainte était de me blesser. Je me suis protégé pour me préserver. Et finalement je suis plutôt en forme : j’ai vécu au grand air, fait du sport et perdu quelques kilos (rires). Plus sérieusement, on a réussi à se préserver, même si nous avons puisé loin dans nos ressources à certains moments, notamment sur la fin de course. Nous savions que c’était la dernière ligne droite et nous avons tout donné. En réalité, nous n’avons pas encore vraiment atterri. Nous sommes encore dans notre bulle. On essaie de garder encore un peu cette distance avec la réalité qui va rapidement nous rattraper… »

Comment avez-vous ressenti le soutien depuis la terre ?

Christophe : « Il y avait des soutiens à différents niveaux : un peu de pression pour que l’on ne lâche rien, de l’admiration pour le fait que nous réussissions à traverser les océans, un peu d’inquiétude aussi. Cela est assez à l’image de ce que l’on peut ressentir en mer, même si globalement nous étions plutôt plus sereins que les personnes qui nous suivaient à terre. On savait ce que l’on faisait et on gérait. »

Sylvain : « Nous avons reçu beaucoup de messages de soutien de personnes qui ont cru en nous, en notre capacité à aller au bout du projet. Cela nous a donné bien plus de forces de courir pour une grande cause, que seulement pour nous. »

Et si c’était à refaire ?

Christophe : « Nous n’avons pas encore fait le bilan. Il y aurait évidemment des choses à revoir au niveau de notre préparation. Nous avons plutôt bien travaillé mais les délais étaient vraiment trop courts pour tout faire parfaitement dans le détail. Au niveau technique sur le matériel, mais aussi sur la préparation physique et les entraînements en mer.

Le troisième objectif est aussi de bien revenir du Brésil, sur terre ! Il faut faire les comptes, sur le plan financier d’abord, mais aussi professionnel et familial. On va déjà chacun faire le bilan de cette course avant de penser à autre chose! »

* Le projet Transat Jacques Vabre « Contre vents et cancers » est financé grâce au Groupe Cegedim, au Groupe Valmen, à Itelis et à l’Ocirp, au profit de Gustave Roussy, premier centre européen de recherche et de prise en charge du cancer

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